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Une justice qui perd le nord...


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Mesdames, Messieurs,


La justice, ce n’est pas un simple mot. C’est le socle de notre démocratie, le rempart contre l’arbitraire, le dernier recours des faibles contre les puissants. Pourtant, aujourd’hui, force est de constater qu’elle vacille. Elle perd le nord.


Oui, notre justice est à bout de souffle. Et ce n’est pas une formule. C’est une réalité que vivent chaque jour les citoyens, les avocats, les magistrats, les victimes.


Prenons les faits. Dans trop de tribunaux, les dossiers s’accumulent, les audiences sont repoussées, les délais explosent. Pourquoi ? Parce que les moyens humains et matériels sont insuffisants. Parce qu’on exige des miracles de femmes et d’hommes qui n’ont ni les effectifs, ni le temps, ni le soutien nécessaire pour rendre la justice dignement.


Comment accepter que dans la sixième puissance économique mondiale, il faille attendre des mois, parfois des années, pour que des affaires soient jugées ? Comment accepter que des enquêtes soient bâclées, non par incompétence, mais par manque de temps, de moyens, de coordination ?


Il faut dire les choses : on a organisé depuis trop longtemps l’asphyxie lente de la justice. Des coupes budgétaires répétées, des promesses non tenues, une politique du chiffre qui valorise la rapidité au détriment de la qualité. Le résultat, nous l’avons sous les yeux : une justice qui fatigue, qui doute, qui déçoit.


Et qui paie le prix de cette déliquescence ? Ce sont d’abord les victimes, abandonnées en plein désert judiciaire. Ce sont ces femmes qui retirent leur plainte, faute d’accompagnement, de protection, de considération. Ce sont ces témoins qui se désistent, parce qu’ils n’ont plus confiance, parce qu’ils ont peur, parce qu’ils se sentent seuls. Ce sont aussi les innocents qui attendent leur réhabilitation, et les coupables qui s’éloignent dans le brouillard de l’impunité.


Mais n’accablons pas celles et ceux qui rendent la justice. Ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’on leur donne. Des magistrats surchargés, des greffiers épuisés, des enquêteurs débordés, des juridictions sinistrées. Ce ne sont pas eux les coupables, ce sont les choix politiques de ces dernières décennies.


Alors oui, il est temps d’agir.


👉 Il faut former davantage de magistrats, de greffiers, d’enquêteurs.

👉 Il faut revaloriser les carrières judiciaires pour attirer les talents et garder les vocations.

👉 Il faut investir massivement dans les infrastructures, dans les outils numériques, dans l’accès au droit.

👉 Il faut surtout remettre l’humain au cœur de la justice : écouter les victimes, accompagner les témoins, protéger les plus fragiles.


La justice ne peut pas être un luxe. Elle est une nécessité. Une exigence. Elle doit être rapide, lisible, compréhensible, humaine. Et surtout, elle doit inspirer la confiance.


Car sans justice, il n’y a pas de paix. Sans justice, il n’y a pas d’ordre. Sans justice, il n’y a pas de République.


Mesdames et Messieurs, redonner à la justice les moyens de ses ambitions, ce n’est pas un luxe, c’est un devoir démocratique. Il est temps que la République cesse de détourner le regard et regarde enfin la vérité en face.


La justice mérite mieux. Les citoyens aussi.


Merci.

 
 
 

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