Pourquoi je m'oppose à la proportionnelle
- Sébastien Neveu
- 23 mai
- 2 min de lecture

Mes chers concitoyens,
Dans notre démocratie, le mode de scrutin n’est pas un détail technique : c’est le cœur de notre vie politique, le socle sur lequel repose notre capacité à décider ensemble. Ces derniers temps, certains plaident pour l’instauration d’un scrutin proportionnel intégral. Et je comprends cette tentation. Elle peut sembler juste, plus équitable, plus représentative. Mais je vous le dis avec franchise : je suis contre cette évolution. Et je vais vous expliquer pourquoi.
Je suis contre la proportionnelle non pas par dogmatisme, mais par pragmatisme. Car mon engagement est d’abord guidé par l’efficacité démocratique et le service de l’intérêt général.
D’abord, la proportionnelle, en fragmentant la représentation, fragmente aussi la décision. Regardons les exemples à l’étranger : en Italie, en Israël ou encore en Belgique, les gouvernements sont trop souvent issus de coalitions fragiles, formées après des semaines, parfois des mois de négociations. Cela nourrit l’instabilité. Or, dans un monde incertain, nos concitoyens attendent de la clarté, de la cohérence, de la rapidité dans l’action.
Ensuite, la proportionnelle favorise l’émergence de partis extrêmes, parce qu’elle leur garantit mécaniquement une place au Parlement, parfois même un rôle central dans les coalitions. Cela affaiblit le débat démocratique, le rend plus polarisé, plus conflictuel. Un système stable doit permettre de gouverner au centre, en rassemblant, pas en divisant.
Il faut aussi parler du lien entre les élus et les citoyens. Dans un scrutin uninominal, chaque député ou conseiller représente un territoire. Il est enraciné, identifié, interpellable. La proportionnelle affaiblit ce lien direct : les élus deviennent des noms sur des listes, choisis par les partis, moins par les électeurs.
Enfin, je suis convaincu que gouverner, c’est choisir. Et pour choisir, il faut des majorités claires, pas des compromis flous. La proportionnelle, en diluant les responsabilités, dilue aussi la responsabilité politique. Qui rend des comptes, quand tout le monde gouverne avec tout le monde ?
Mes amis, je suis un centriste. Je crois en la représentation. Je crois en la diversité des opinions. Mais je crois aussi qu’il faut trancher, décider, avancer. Et pour cela, il nous faut des institutions solides, lisibles, et un mode de scrutin qui permette l’alternance, pas l’indécision.
Alors oui, notre démocratie peut être améliorée. Oui, il faut plus d’écoute, plus de dialogue, plus de respect des minorités. Mais la solution n’est pas dans la proportionnelle. Elle est dans le renouvellement des pratiques, dans une vie politique plus transparente, plus proche des citoyens.
Je veux une démocratie qui rassemble sans s’éparpiller, qui décide sans exclure. Et c’est pourquoi je vous le dis aujourd’hui : je suis contre le scrutin proportionnel.
Merci.
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