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La méthode pour renforcer la défense de l'Europe vers une défense Européenne.


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Vers une Europe de la Défense : responsabilité, souveraineté et coopération


L'actualité géopolitique, des menaces hybrides aux conflits à nos portes, en passant par l’instabilité stratégique croissante, nous oblige à poser une question centrale pour l’avenir du continent : comment renforcer efficacement la défense de l’Europe ? La réponse ne peut être ni dogmatique ni précipitée. Elle doit être lucide, pragmatique et fondée sur un équilibre entre souveraineté nationale et intérêt commun européen.


1. L'Europe de la Défense n'est plus une utopie, c'est une nécessité


L’invasion de l’Ukraine par la Russie a révélé avec brutalité la dépendance structurelle de l’Europe vis-à-vis de l’OTAN et, surtout, des États-Unis. Si l’Alliance Atlantique reste un pilier incontournable de notre sécurité collective, l’autonomie stratégique européenne devient un impératif. Cela ne signifie pas sortir de l’OTAN, mais être capables, en tant qu’Européens, d'agir lorsque nos intérêts vitaux sont en jeu — y compris en l’absence d’un soutien américain automatique.


2. Une défense européenne : complémentaire, pas concurrente


Il s'agit donc de construire une défense européenne complémentaire à l'OTAN, mais avec une capacité propre à agir de manière autonome en cas de besoin. Cela suppose :


● une interopérabilité accrue entre les armées européennes,


● la mise en commun de certaines capacités stratégiques (renseignement, cyberdéfense, logistique),


et le développement d’une industrie de défense européenne intégrée, capable de produire sur le continent ce que nous devons aujourd’hui importer.


3. Mutualisation intelligente et respect des souverainetés


Il ne s’agit pas de créer une armée européenne supranationale, ce qui serait irréaliste et politiquement clivant. La bonne méthode est celle de la mutualisation ciblée, dans le respect des souverainetés nationales, autour d’un noyau dur volontaire d’États prêts à coopérer plus étroitement (France, Allemagne, Pologne, Pays-Bas, etc.).


L’idée est de créer une capacité de réaction rapide européenne, déjà amorcée par l’initiative de la force de déploiement rapide de 5 000 hommes prévue pour 2025. Il faut aller plus loin, en la dotant de moyens réels, d’un commandement opérationnel et d’une légitimité politique (avec validation par le Parlement européen ou une coalition d'États-membres).


4. Repenser les budgets et l'efficacité


Les pays européens dépensent aujourd’hui plus de 200 milliards d’euros par an pour leur défense, un montant équivalent à celui de la Chine — mais avec une efficacité bien moindre, car trop fragmentée. Une meilleure coordination des investissements, des achats groupés, et le soutien aux programmes communs (comme le SCAF pour l’aviation ou le MGCS pour les blindés) permettraient de faire plus avec autant, voire mieux.


5. Une Europe qui protège… vraiment


Enfin, la défense européenne ne doit pas être une abstraction technocratique. Elle doit répondre à l’attente profonde des citoyens : une Europe qui protège, concrètement. Cela inclut :


la cybersécurité, contre les attaques numériques qui ciblent nos hôpitaux, nos administrations et nos entreprises,


la résilience face aux menaces hybrides (désinformation, sabotage, pression énergétique),


la sécurité des frontières, dans le respect du droit, avec des forces Frontex mieux équipées et mieux coordonnées.


Conclusion : une voie réaliste pour une souveraineté partagée


La meilleure méthode, donc, pour avancer vers une défense européenne crédible et renforcée, consiste à concilier l’idéal européen et le réalisme stratégique. Le centre et le centre droit doivent porter une vision claire : une souveraineté partagée, sans naïveté, sans renoncement, dans un esprit de responsabilité. L'Europe de la défense ne sera pas imposée d’en haut. Elle se construira par la coopération, la confiance et la volonté politique, pas à pas.

 
 
 

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